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 Un jardin ou rien. [ Pv Prune ]

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Candice Deveaux
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MessageSujet: Un jardin ou rien. [ Pv Prune ]   Jeu 30 Avr - 21:23

« Prend mes souvenirs, mes doutes et mes joies. Voles mes amours et peurs, souille mon corps et fait moi rire. Fait ce que tu veux, je veux sentir ma carcasse vivre. »


La page était pleine, les lignes ondulées s'entremêlaient sur le papier blanc de son journal. Candice referma l'opuscule et le rangea avec précaution dans le tiroir de son armoire, seul endroit dans l'appartement qui ne refoulait pas une vision d'horreur quand on l'observait. Il était d'ailleurs étrange de voir que les meubles étaient en parfait état dans le studio, l'apparente saleté résultait simplement des nombreux amas de fringues répartis un peu partout dans le salon et la chambre, sorte de carte des Balkans en filigrane, avec le temps on s'y habituait, la rousse y trouvait même un certain charme. Sauter de tas en tas semblait lui procurer un plaisir inattendu.
Candice sortit du lit, le temps passait si vite, il devait être aux alentours de 13h quand la fine silhouette daigna enfin sortir de son faux sommeil, excuse bidon pour glander quelques heures de plus. Elle enfila une tunique rouge, des escarpins et sortit aussitôt de l'appartement, son visage était encore amorphe alors qu'elle dévalait les escaliers comme à son habitude, les voisins avaient d'ailleurs abandonner l'idée de venir se plaindre chez elle du vacarme qu'elle causait dans les parties publiques, elle n'en faisait qu'à sa tête et comprenait à peine les plaintes absurdes des vermines habitant son immeuble ( parce que oui, c'était SON immeuble. ).

Ses cheveux glissaient sous le vent, elle déambulait bientôt dans les rues, son regard scrutant l'horizon qui ne semblait pas daigner offrir à ses iris azur l'once d'une satisfaction. Elle ne cherchait pas son dealer pour une fois, l'impatience se lisait sur ses lèvres qui se livraient bataille depuis son réveil. Candice poussa un long soupir, frappa du pied et s'entraina dans une démarche des plus gracieuses – ironie – vers la porte de son bâtiment. Un dernier coup d'œil, rien. Elle remonta encore plus vite les escaliers, esquiva habillement Matthew, son dealer, et s'engouffra comme une fleur – ironie² – à l'intérieur du studio. Un pied mal placé la projeta droit dans une pile de linge, de son visage s'enfonçant comme roche sous l'eau au sein des tissus multicolores gronda alors une plainte grave et sourde. Elle se releva péniblement, attrapa l'une des rares serviettes ayant gardé leur couleur d'origine et se rua dans la douche qu'elle ne prit même pas le temps de refermer. La buée emplissait bientôt toutes les pièces, s'insinuant dans les moindres recoins de sa piaule. Ce ne fut qu'une fois séchée qu'elle remarqua le tapis de brume qui s'était déposé sur son sol, et surtout l'heure : 14h30. Candice avait un sens temporel si peu développé qu'elle pensait n'être restée que quelques minutes dans la douche, alors que celle ci avait coulée pendant une heure.

Elle enfila sa tunique, attrapa un bout de pain, mit ses escarpins et s'envola de nouveau vers ses aventures Parisiennes. Cherry passait aux yeux des inconnus pour l'une de ces filles dont la vie ressemblait à un long fleuve tranquille et bien organisé, que le hasard et l'imprévu avaient quitté, complètement faux. La vie n'arrêtait pas de foutre des battons dans les roues de Candice, roues qui n'étaient plus tout à fait rondes d'ailleurs. Elle s'engouffra dans la rue, tourna à droite et traça vers les jardins du Luxembourg, rares endroits où elle ne se sentait pas constamment épiée, surveillée, traquée. Peut être parce que ce quartier regorgeait de pancartes pro sorcières, et que les militants de ce mouvement ne cessaient de se manifester autour d'elle. Elle savait pourtant que si un seul d'entre eux voyait une vraie sorcière débarquer, son premier réflexe serait celui de fuir, ou de la tuer s'il était armé. Ces militants n'étaient que de pauvres idiots qui pensaient connaître les sorcières, leur névrose était telle qu'ils en venaient à penser que les sorcières les appréciaient, pauvres cons.

Cherry ralentit la cadence, ses pas qui claquaient sur le pavé se dissipèrent quand elle rejoignit la terre des jardins. Quelques chemins plus tard elle trouvait un banc sur lequel était assise une jeune femme, Candice s'en approcha, s'assit sur le bois craquant du banc et observa quelque peu l'inconnue. A son cou pendait une pierre de couleur violette, Candice baissa la tête pour mieux la voir, observa le visage de la jeune fille et déclara presque naturellement :


« Enchanteresse ? »
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Prune O'Dagen
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MessageSujet: Re: Un jardin ou rien. [ Pv Prune ]   Dim 3 Mai - 20:07

Les familles en deuil ne sont pas toujours de celles qu'on voit dans les films, du style mioches inconsolables cachés dans les jupons d'une veuve éplorée, entourés de visages sincèrement peinés. La plupart du temps, elles en sont même à des milliers de kilomètres.
Je comprends bien que les temps sont durs, je suis pas totalement débile, mais j'ai toujours du mal à concevoir l'avidité et l'hypocrisie de certains humains. L'intérêt qu'un vautour porte a un cadavre se limite exclusivement aux potentiels restes dont il pourrait se repaitre. C'est l'image qui s'impose dans mon crane quand je vois avec quelle facilité les hommes peuvent piller une vie et s'en approprier les fragments les plus étincelants. Alors quand ils en viennent à se battre sur les closes d'un quelconque testament, j'ai toujours un petit pincement au cœur et une pensée triste pour le trépassé... s'il savait!
Le nombre de mes relations se comptant sur la moitié des doigts d'une main (oui, ça fait bien 2.5), et n'ayant pas un copec en poche, je suis rassurée. Si quelqu'un devait un jour se pointer à mon enterrement, ce quelqu'un ne serait motivé que par l'amour de moi. Chouette. Comme j'ai failli mourir la semaine dernière, vous comprendrez que la question me préoccupe un minimum, n'est ce pas?

Hélas, elle préoccupe aussi mon patron qui s'est étranglé quand il m'a vu arriver ce matin. Il ne tolère pas que je reprenne le travail si vite après mon ""accident"", or il peut se montrer d'un entêtement ridicule quand il le souhaite. Du coup, je suis au repos forcé pendant encore quelques jours.
Les premiers temps je me suis occupée comme j'ai pu dans l'intimité de mon studio parisien, ne sortant que pour manger. Je n'ai pas de cuisine dans ma chambre de bonne, où alors c'est que je ne l'ai pas encore trouvée. Ne riez pas, la chose est loin d'être impossible quand on considère la quantité de trucs inutiles qui peuvent s'accumuler dans un 20m².
Ce quotidien au ralenti m'a amené à terminer une dizaine de bouquins dont la lecture trainait depuis plusieurs mois. Par dépit, je me suis même intéressée aux passes-temps humains, et en ai conclu qu'ils sont au delà du delà de l'ennui le plus total. Ouais je sais, c'est puissant. La télévision par exemple, qu'ils élèveraient au rang de divinité si on les laissait faire. Comment un être doué de sensibilité peut il sciemment se prosterner devant cette machine bêtifiante. Ils sont définitivement fous, ces humains.
Puis, j'ai réalisé quelque chose d'important (enfin je crois). Vautrée dans le cuir élimé de mon vieux canapé, j'ai réalisé la tristesse de mon existence. Aucun ami, aucune passion. Pendant 5ans je n'avais eu que mon boulot pour remplir le vide de mes journées, et là encore on ne peut pas vraiment dire que mes relations de travail soient des plus loquaces. Privée de cette routine rassurante, je suis inutile et désemparée.

C'est ce qui m'a motivé à sortir de chez moi aujourd'hui. Le besoin impérieux de faire quelque chose, n'importe quoi, m'avait prit et guidée à travers les artères encore gorgées de vie d'une ville à l'agonie. En un sens, Paris me ressemble (ou bien est-ce l'inverse?). Je m'arrêtai finalement en son cœur, majestueux, figé dans sa grâce centenaire.
Je me rappelle être déjà venu une fois au Luxembourg. Enfant, mes excentriques sorcières de tantes m'y avaient trainées, me bassinant tantôt sur l'architecture savamment pensée d'un jardin, tantôt sur la finesse des traits d'une statue. A l'époque, je n'avais pas compris leur intérêt pour ce lieu qui m'avait semblé ennuyeux.
Ce n'est plus le cas maintenant. Avec mes yeux d'adulte, je vois enfin la paisible harmonie de ces jardins et je comprends les badauds qui s'y attardent. Et contre toute attente, moi aussi je me sens bien, assise sur mon banc. La joie doit être communicative puisqu'à cet instant j'entends quelqu'un qui se pose à côté de moi.

« Enchanteresse ? »


Je tressaille. Pour le coup, je ne l'avais pas vu venir celle là. Quelques secondes s'écoulèrent avant que je saisisse totalement ce qu'impliquait l'utilisation de ce simple mot. Je lève finalement mon regard ambré sur la femme qui m'avait percée a jour. Suis-je si repérable? Je suis son regard curieux qui s'attarde autour de mon cou, et y vois pendre mon pendentif. Son violet profond semble me narguer, tandis que je range la pierre sous mon t-shirt blanc. Si elle en avait voulu à ma vie, l'étrangère m'aurait sans doutes déjà attaquée.
Tous les pores de sa peau suintent la puissance, je la ressens aussi sûrement que si j'avais été assise à côté d'un poêle à charbon, aussi j'en conclue qu'elle est une des nôtres. Une enchanteresse très puissante, peut être même une prêtresse. Je ne peux cependant pas le vérifier, cette dernière n'ayant pas eu la bêtise de laisser sa pierre magique trôner fièrement sur sa poitrine à la vue de tous.

J'ai entendu dire une fois que les chiens pouvaient pas lever la tête, ou les yeux je sais plus. C'est vrai tu penses?

Les mots avaient fusés avant que je ne le réalise vraiment. Comme d'habitude, j'avais répondu à coté de la plaque, préférant éluder les questions importantes plutôt que de les affronter. Tout ça au risque de paraitre crétine, et lâche.
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Candice Deveaux
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MessageSujet: Re: Un jardin ou rien. [ Pv Prune ]   Mar 5 Mai - 16:57

[ Désolée, un peu bidon --' ]

Elle resta muette, c'était comme un coup de massue sur son psychisme, un bug général dans l'influx nerveux. Candice s'immobilisa, laissant son visage se tendre en une moue que l'incompréhension torturait. La rousse s'enfonça quelque peu dans le banc, fixant de ses yeux écarquillés l'inconnue, oui, la drogue exagérait toutes les réactions.

« Eh bah, métaphoriquement la colonne vertébrale étant un balais, on peut pas plier le balais. A part si on prend un balais en plastique, mais je crois pas que la colonne vertébrale soit en plastique. »


Sa réponse était aussi claire que la question. Elle dévisageait l'inconnue, détaillant son visage fin, cette expression détachée qui semblait résister à toutes les situations, ses cheveux bruns et raides, elle était plutôt belle. Candice avait un peu de mal à sortir de sa torpeur neurologique, elle tourna la tête vers le paysage. Le vent coulant entre les arbres, les frissons parcourant l'échine des feuilles, les chants d'oiseaux avec comme toile de fond le bleu du ciel avait cette capacité à calmer n'importe quelle âme en peine. Cherry prit une respiration, elle était bien ici, l'endroit était calme, paisible, même les passants ne l'insuportaient pas, chose rare.

« D'un autre côté, ça ne répond pas à ma question. J'avoue que laisser pendre sa pierre à la vue de tous n'est pas très malin, mais avec moi je ne pense pas que tu ais du soucis à te faire. »


Elle observa un groupe de pacifistes plus loin, ils étaient installés en ronde, de vrais hippies cherchant une excuse pour fumer en toute liberté. Candice était fascinée par les Humains, leur capacité à mentir, à jouer un rôle, voire carrément à se fourvoyer était quelque chose que les sorcières n'avaient pas l'habitude de voir, on pouvait bien leur accorder leur franchise et leur force de caractère. Candice passa son bras contre sa jambe, prenant soin de garder ses doigts invisibles et fit venir l'une des cartes de que le groupe en face vers elle... la télékinésie était quand même utile.

« Je suis une pacifiste. »

Dit elle en montrant fièrement le petit rectangle de papier glacé.

Malgré la présence d'une autre sorcière, Candice n'en perdait pas moins son instinct de préservation. Elle ne savait simplement pas que son aura distillait sa présence jusqu'aux limites du parc. Elle jouaient avec les plis de sa robe, lançant de rapides coups d'œil aux alentours. Une bourrasque de vent avait renversé un groupe de cyclistes plus loin tandis qu'un tuyau d'arrosage s'était allumé sans prévenir, s'agitant à la manière d'un serpent enragé le long du chemin.
Et la vie s'écoulait, lente et paisible entre les larges ramures des arbres. Baudelaire avait raison, la nature était un temple. Au milieu de ces piliers centenaires, la temps semblait avoir perdu son fil, se stoppant sans un bruit, nous avions un aperçu éphémère de l'éternité. La verte éternité.
Le vent emportait sous ses flancs l'écho d'un groupe de violonistes plus loin dans le parc, la musicienne qu'était Cherry ne pouvait s'empêcher d'écouter les effluves mélodieuses.

« Le tempo n'est pas assuré, elle tremble trop. »


Avec les drogues dures, la musique était son second opium. L'oreille absolue, paraît il elle l'avait. Ses fins mains reproduisaient les mouvements de la violoniste, elle n'avait pas besoin de magie, Candice n'avait besoin de rien quand les cordes vibraient dans l'air. Elle en oubliait presque la présence de son interlocutrice. Sa tête se balançait de droite à gauche, un fin sourire, ou plutôt une forme de timide joie s'installait sur son visage pâle. Elle se tourna vers l'inconnue, fixant ses yeux que la suffisance modeste habitait.

« Candice Deveaux, si un jour t'as besoin d'un sac je bosse chez Vuitton, elle pointa quelques secondes son regard vers le ciel pour ensuite ajouter, On vit une époque de merde quand même la solitude devient notre seule amie, la frustration s'insinue dans les moindres recoins de notre misérable existence, la colère, la haine et la méfiance ont planté leur drapeau noir sur nos esprits.
Mais le pire dans tout ça, c'est qu'on s'en rend même pas compte. Regarde ces connards là-bas, ils pensent protéger les sorcières alors qu'ils s'attirent leur foudres. Les deux camps ne sont absolument pas prêts à stopper cette bataille, absurde,
elle sentait son esprit divagué mais ne s'arrêtait pas de parler, j'en ai marre. Ils me dégoutent ces humains, et les sorcières c'est pire. J'étais pas sensée devenir l'une des leurs. »
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Prune O'Dagen
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MessageSujet: Re: Un jardin ou rien. [ Pv Prune ]   Jeu 21 Mai - 18:56

« Eh bah, métaphoriquement la colonne vertébrale étant un balais, on peut pas plier le balais. A part si on prend un balais en plastique, mais je crois pas que la colonne vertébrale soit en plastique. »

Sa réponse, bizarrement réfléchie mais réfléchie quand même, me laisse perplexe. Pour moi, une divagation en entrainant une autre, la logique aurait voulu qu'elle me sorte un truc du genre « ouais, et ma grand mère elle est championne de judo ». Personnellement j'aime ce genre de joute verbale où au final, personne ne sait ce qu'il raconte, mais la jeune sorcière qui me fait face n'a pas l'air d'accrocher à mes délires.

Ah ouais... C'est sur... Un murmure qu'elle ne semble pas entendre. J'enchaine sur un léger raclement de gorge, auquel succède un bon vieux silence gêné.

Je l'observe qui m'observe, non qui me dévisage en fait, et je me demande si elle est autant perturbée par moi que moi par elle. Un instant, je suis tentée de rompre son examen et de lui exposer en détail la fin tragique de ma vésicule biliaire. Mais je me ravise au dernier moment, histoire de ne pas paraître plus bizarre que nécessaire.
A la place, je m'attarde sur les traits étrangement familiers de son visage. Une impression de déjà vu me torture les neurones et me frustre, alors que bon, j'la connais vraiment pas moi cette sorcière. Après faut avouer, je ne suis pas quelqu'un de très physionomiste... Par contre je suis très sensible au charisme (des fois que ça vous intéresse).
Et pourtant cette fille, plutôt jolie au demeurant mais d'une banalité affligeante, m'évoque définitivement quelque chose.

« D'un autre côté, ça ne répond pas à ma question. J'avoue que laisser pendre sa pierre à la vue de tous n'est pas très malin, mais avec moi je ne pense pas que tu ais du soucis à te faire. »

???


Si elle a le mérite de mettre fin à mon errance psychologique, cette réplique me replonge néanmoins dans des affres d'incompréhensions. Cette fille ne vient elle pas de voir ma pierre, et par conséquent mon rang de sorcière? Est elle stupide? La question mérite d'être posée.
Mais je n'ose pas. Aujourd'hui, j'ai décidé d'être diplomate, courtoise. Voire même gentille, si c'est possible. Je prends donc sur moi, et réponds par l'affirmative à sa fameuse question.
Ouais, j'suis une fille comme ça moi, j'fais des efforts. Et ça, même quand la situation m'échappe totalement. Comme maintenant par exemple, en cet après midi ensoleillé où mon interlocutrice use délibérément de ses pouvoirs devant une foule d'humains.
Pourtant, elle ne semble pas s'en inquiéter. Elle est plutôt sereine en fait. Tandis que par magie elle fait voler jusqu'à elle une vieille carte à jouer, son ancien propriétaire, un hippy à l'hygiène douteuse, est occupé quelques mètres plus loin à battre le reste du jeu. Contrairement à moi, lui n'a rien remarqué.

« Je suis une pacifiste. »

La panique qu'avait fait naître en moi l'imprudence d'un tel comportement retombe aussitôt, vaincue par la fierté naïve de son expression. A cet instant elle ressemble a une petite fille, brandissant le trophée d'un quelconque larcin exécuté dans l'unique but d'épater ses copains. L'image est touchante et me fait sourire. Je réalise soudain que depuis le tout début de cette rencontre, je suis la seule à être gênée et mal à l'aise. Deviendrais je parano, avec l'age? Ou peut être suis je juste rouillée dans l'exercice d'une conversation avec un inconnu... M'enfin.
Les minutes passent dans un silence tout relatif. Car si nous, nous ne disons rien, la nature, quoique discrète, n'est jamais muette. Le gazouillis des zoizeaux, le froufroutement des feuilles bercées par le vent, et même le doux couinement du canard dans sa marre clapotante. J'en suis certaine, toute cette vie sous-jacente aura déjà inspirée moult envolées lyriques plus ou moins foireuses.
Le visage tourné vers le ciel bleu, je ferme les yeux et cherche quelque chose de normal à dire.

Heu...

Sinon, quoi d'neuf?
Non bah non, j'la connais pas.
T'aimes bien la pizza? Elle va croire que je l'invite là, non?
Il est à la camomille ton shampoing? Gné.


Hum, j'vais commencer par lui demander son nom. Après... j'improviserai.

« Le tempo n'est pas assuré, elle tremble trop. »

Hein? Quoi? De quoi elle parle?... A je vois, les violonistes... cette fille est une mélomane. Je devrais peut-être lui demander si elle joue d'un instrument non? Et si elle dit oui, j'fais quoi? J'y connais rien en musique moi... Mais encore une fois, la fourbe me devance.

« Candice Deveaux, si un jour t'as besoin d'un sac je bosse chez Vuitton... On vit une époque de merde quand même la solitude devient notre seule amie, la frustration s'insinue dans les moindres recoins de notre misérable existence, la colère, la haine et la méfiance ont planté leur drapeau noir sur nos esprits.
Mais le pire dans tout ça, c'est qu'on s'en rend même pas compte. Regarde ces connards là-bas, ils pensent protéger les sorcières alors qu'ils s'attirent leur foudres. Les deux camps ne sont absolument pas prêts à stopper cette bataille, absurde. J'en ai marre. Ils me dégoutent ces humains, et les sorcières c'est pire. J'étais pas sensée devenir l'une des leurs. »


De son discours je déduis qu'elle était humaine, avant. Je connais assez les us et coutumes de mon peuple pour deviner le grandes lignes de son histoire. On l'avait arraché à son heureuse, ou au moins tranquille, petite vie pour la propulser dans un univers dont elle ne voulait pas. Malgré elle, elle s'était retrouvée au cœur d'une guerre sans fin, ni queue, ni tête. C'est sur, elle a de quoi en avoir gros sur la patate.
Personnellement je suis contre ces rituels, des pratiques malsaines et hors d'age... Mais bon, ce qui est fait est fait.

Hum... Candice hein? Je sais pas trop quoi te dire. Si on regarde l'histoire dans son ensemble, les humains se sont toujours fait la guerre. C'est le propre de l'homme que de convoiter et haïr. Je dis pas qu'on est des anges, loin de là, mais nous n'y sommes pour rien si les humains n'apprennent pas de leurs erreurs.
Dans quelques années, quand il y aura eu assez de mort, toute cette histoire ne sera plus qu'un vague souvenir, à peine une demi page dans les livres d'histoires.

Les gens finiront par s'en remettre bien sur, et alors ils trouveront un nouveau bouc émissaire. C'est une triste réalité pour les gens comme toi, qui subissent sans avoir rien demandé. Mais bon, être une sorcière n'est pas si dramatique que tu sembles le croire. As tu seulement essayé d'en être une?


Les cas de dépressions post-transformation sont quelque chose de courant chez les sorcières nées humaines. Mais si j'en ai déjà entendu parler, j'en avais encore jamais rencontré. Que faire? J'aimerais l'aider, mais j'ai peur de la blesser... Dois-je insister? Boah aller, au risque de me faire rembarrer, je vais lui proposer mon aide.

Au fait, moi c'est Prune... Si tu veux j'peux t'ai...

Le choc me laisse sans voix. CA Y EST!!! Je me rappelle enfin où j'ai déjà vu ce visage! Je savais bien que ça allait me revenir! Mais est ce vraiment elle? Arf, j'ai des doutes...

Hum... Excuse moi? Ça serait pas toi, cette fille qu'on voit partout là? L'ex participante d'un jeu de télé réalité qui se reconverti dans le cinéma porn...


Évidemment que c'est pas elle! Le nom de la fille en question me revient à l'instant, et il n'a absolument rien à voir avec Candice Deveaux. Je me lève, rougissante, et rassemble rapidement mes affaires. J'viens de confondre cette fille avec une actrice de films X, alors c'est sur, elle voudra plus trop me parler... Je bafouille quelque chose du genre, " J'dois y aller, j'ai une compet' de ping pong!", et fuis avant d'affronter son regard. Dommage, la journée avait si bien commencé!
Ce n'est que quelques minutes plus tard, après avoir rejoins la civilisation que je me rends compte d'un truc. Mon achat du jour, un livre de science fiction qui me faisait envie depuis longtemps, manque à l'appel. Tant pis, pas question de retourner le chercher.

[Le voilà... Il s'est fait attendre, hein? ^^]
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